Dans son épisode 01er, notre analyse a reprécisé le contexte du roman « La Société des Bienheureux » (lire l’épisode 1) :
■ Nous croyons agir sous l’effet de notre liberté. Mais nous sommes des matricules. Des esprits programmés. Prisøn*niers d’une Matrice au logiciel implémenté depuis des siècles, paramétré, et réactualisé. Nous sommes un projet pølitico-clérical. Nous nourrissons l’Etat-Eglise de nos énergies vitales pour mieux, être maintenus emmurés dans la Caverne-Matrice. Nos énergies sont collectionnées via la télé, via les bars à boisson, via l'Ecole, via les débats politiques à forte audience, via des philanthropes ou influenceurs surgis de nulle part, et à la fortune inexplicable, etc.
Poussé par ce postulat, Mutt-Lon réalise dans ce roman un inédit qu’il n’a pas fait dans les précédents. Et je vous l’explique pas à pas.
■ Rappelons que :
Dans « Ceux qui sortent dans la nuit », Mutt-Lon est Ada.
Dans la « Procession des Charognards », Mutt-Lon est Otto Makang.
Dans les « 700 aveugles de Bafia », Mutt-Lon est le pygmée.
Dans la Société des Bienheureux, Mutt-Lon est Nom Moro.
Quelqu’un dira: « mais Danielle, un artiste, un auteur met toujours de lui-même dans son œuvre ». Exact.
Mais Mutt-Lon va au-delà.
Il s’insère lui-même en personne. Tel un scénariste ou un réalisateur qui lui-même interprète un rôle dans son propre film.
■ Dans les précédents romans, il est en doublon. C’est-à-dire qu’il est l’auteur, et il est un des personnages.
Je ne sais pas pourquoi il hésite encore à être aussi le narrateur... Peut-être un jour, tant son amour pour la prestidigitation semble inarrêtable. En fait, c’est cela le génie de Mutt-Lon.
■ Dans « La Société des Bienheureux », il monte d’un cran. Il est en triplon...! Revenons à la scène de la dédicace du roman « Ceux qui sortent dans la nuit » à l’Institut Français de Douala. La fameuse page 147.
●Dans cette scène, Mutt-Lon incarne le personnage d’un auteur vedette parlant de son roman.
●Dans cette scène, Mutt-Lon est Nom Moro, regardant Mutt-Lon parler d’un roman publié à une époque antérieure à celle de « la Société des Bienheureux ».
●Dans cette scène Mutt-Lon est l’auteur, qui écrit la scène.
Dans les précédents romans, Mutt-Lon se regarde. Il est 02.
■ Dans celui-ci, Mutt-Lon se regarde... se regarder. Il est 03.
Qu’il soit en 3D est déjà l’inédit. Mais allons en profondeur, révéler le symbolisme stupéfiant de cet inédit.
■ Mutt-Lon est 03… vous ne saisissez pas encore… ?
Dans notre Episode 01 er , on a vu qu’il est monté d’un cran très assumé dans ses taloches contre le Couple ou la même Personne… Eglise-Etat.
Alors, dans une ultime moquerie "prestidigitalisée" en narcissisme, Mutt-Lon devient 03. Tel le Père, le Fils, et le Saint-Esprit.
Quand vous parviendrez à lire un auteur (niveau différent de lire le livre), tous les morceaux du puzzle s’assembleront et vous ne beuggerez plus, tout s’expliquera. Parce que, même à sa propre insu (et croyez-moi, c’est très souvent le cas…) l’auteur se n’empêchera pas d’être tout naturellement ce qu’il est.
Et qui est Daniel Alain Nsegbe Mutt-Lon? Mutt-Lon est un anticlérical et un anticonformiste, un subversif dans l’âme.
Tellement, ici, son irritation est poussée qu’il se multiplie naturellement en 03… ! Naturellement.
●Le Père : Mutt-Lon Auteur, qui crée le roman et la scène en question.
●Le Fils : Mutt-Lon auteur ingénu du roman « Ceux qui sortent dans la nuit », et qui vient le présenter à l’IFC. Il est le Fils parce que c’est le Fils, le Verbe.
Ici, c’est lui qui parle en premier. C’est lui qui a d’abord parlé à travers « Ceux qui sortent dans la nuit ». Tout ce projet rocambolesque de restructurer la Société africaine par la sorcellerie, c’est lui qui l’a initié. Au commencement était le Verbe. Donc, le Fils ici, c’est lui.
●Le Saint-Esprit : Mutt-Lon Nom Moro qui sait comment mettre cette révolution en œuvre. L’Esprit qui est Celui qui entre en action pour réaliser l’œuvre du Père, révélée par le Fils.
Mutt-Lon se regarde… se regarder.
... Et observez... observez très bien comment Nom Moro se déploie... on ne sait jamais vraiment quand il vient, ni où il va... tel l'Esprit qui souffle où il veut, quand il veut, comme il veut... l'Esprit, le Souffle... qui peut à tout moment, vous retrancher le souffle vital...
Mutt-Lon se regarde… se regarder.
Au-delà du narcissisme propre à tout artiste, ceci relève du Génie. Tout simplement.
■ Ce roman est son tour de prestidigitation le plus réussi. A offrir et à s'offrir absolument en cette fin d'année. 🌹




