Corneliu, le psychopathe au visage d’ange qui se masturbe et jouit en pensant aux tortures déjantées qu’il a fait subir à la femme qui l’obsède… l’atypisme de Corneliu : mon 1er orgasme. J’adore l’insoumission à la norme. L’Ombre, ce personnage tout aussi principal que l’enquêteur Samba, qui orchestre une série de meurtres dans la ville, qui ont tout l’air d’une vengeance longtemps murie et planifiée… la folie qu’elle a de charcuter des victimes vivantes, tels de vulgaires morceaux de viande… son culot d’assassiner de sang-froid un prêtre la nuit dans sa chambre… son absence totale de cœur et de remords… le fait même qu’elle soit une femme… mon 2e orgasme. L’enquêteur Samba qui fait l’amour à Awa, son amour d’enfance, avec une brutalité et une avidité inouïes… la réalité à fleur de peau de la scène… mon 3e orgasme. La chute du récit, et même ici j’ajoute la fluidité du récit, mon 4e orgasme. Une note de lecture ne donne pas la totalité de l’intrigue mais la résume et donne surtout l’expérience du lecteur du lecteur, donc par principe, elle est subjective. Une série de meurtres tout aussi singuliers les uns que les autres est orchestrée dans la ville, et l’inspecteur Samba est sur l’enquête. Prêtre, femme, homme politique etc. sont assassinés tour à tour et Samba soupçonne un tueur en série ou plutôt… un clan de tueuses en série… Mais quel serait le mobile ? qu’est ce qui lie toutes ces victimes aussi différentes les unes des autres… ? et c’est quoi cette signature sur les lieux du crime avec le sang des victimes « FF » … ? et bon sang, pourquoi la Roumanie est quasi présente dans chaque étape de l’enquête… ? et qui est cette Ombre qui le suit partout et qui orchestre les meurtres… ? Il semblerait pourtant qu’il ait enfin mis la main sur l’Ombre et qu’elle est derrière les barreaux… mais pourquoi a-t-il l’intuition qu’une tempête approche… ? d’ailleurs est-ce vraiment l’Ombre qu’il a ainsi coffrée… ? Eve K-rene maitrise la conduite du suspense, la logique dans l’enchainement des petits indices, la logique même dans la nature et le fil de l’intrigue. Je note ici non pas une écriture à la va-vite pour le plaisir de faire du polar, mais une véritable recherche d’informations, une investigation claire sur le procédé de conduite d’une enquête, et même sur le comportement psycho social du flic. Il est clair que le polar est domaine de définition d’Eve K-rene. Chaque personnage est unique et suspect. Chaque personnage est captivant. Recherché. Corsé. Aucun personnage superflu. Chaque personnage a une histoire : ceci peut avoir l’air banal mais je vous assure qu’il y a des romans avec des personnages encore plus vides que mon estomac après la farouche séance de sport d’hier soir… aucune profondeur. Aussi inintéressant qu’une série Novelas. On est dans une scène de jeu ici, et chacun porte un masque. Chacun a un cadavre dans son placard… tiens donc ! comme l’Ombre qui en laisse à chacun de ses pas. Le style est vif. Rapide. Actif. On dirait un jeu d’échec où un seul instant d’inattention peut être fatal. Les pions glissent sur les carrés sur une musique de plus en endiablée. Ils glissent de carré en carré, de quartier en quartier, de pays en pays… et de nouveaux danseurs tout aussi intrigants s’invitent au fil des pages… une seule toile et unique toile tissée mais plusieurs joueurs captivants… Comme des feu-follets qui vous en mettent plein la vue, pour mieux masquer la vérité et accentuer le suspense. Ça va vite. Très vite. On ne dort pas. On ne somnole pas. On ne baille pas. On est en perpétuel mouvement. On est en perpétuelle tension. La température monte. On ne peut prévoir le contenu du paragraphe suivant. On sait une seule chose : ON DOIT SAVOIR. On doit lire jusqu’à la lie. Alors parvenu au terme du récit, on respire plus fort, enfin on saura… Mais on ne sait toujours pas. Enervé, on crie et puis on se rappelle que sur la 1ère de couverture est mentionné « Tome 1 » alors on hurle « fais chier ! » dans un rire de frustration et de jouissance mêlées. Souvenez-vous : je partage uniquement les lectures que j’ai aimées. Eve k-rene est GENIALE. Retenez ce nom et bondissez sur ce livre si vous le trouvez en librairie. J’ai eu l’impression de lire un SAS ou un Agatha Christie, mené de main de maître avec des personnages singuliers, Camerounais pour la plupart, dans une ville ressemblant apparemment à Yaoundé. Je déplore le travail hautement négligé de l’éditeur et j’en ai eu des crampes de colère. Désolée mais c’est carrément criminel de bâcler autant la relecture d’un tel texte !!! et d’offrir une couverture aussi pauvre et vide d’attraction pour un texte aussi puissant !!! d’autant plus que la littérature camerounaise manque cruellement d’auteurs en polar ! bon sang ! c’est un couloir quasi vide, et quand on la chance en tant qu’éditeur de tomber sur une auteure dont c’est manifestement la casquette et la maitrise, c’est criminel de bâcler son texte et de ne pas lui donner la promotion qu’il mérite ! Ce pays regorge d’auteurs de haute facture… Eve K-rene, quel talent !!! Quel talent !!! Je souhaite vivement qu’elle fasse rééditer ce chef d’œuvre ailleurs, où on pourra accorder à son texte la relecture et la promotion qu’il mérite. Putain… ! J’en ai eu 04. 04 orgasmes. Et je vous promets sur ma nouvelle crème hydratante que ça ne m’arrive pas souvent… Ah tiens ! mais pourquoi elle ne scintille pas comme dans la pub celle-là… ? Bref… ah oui au fait… ! Je crois que je sais qui est l’Ombre…




